Indie Post Punk américain / 2010. Alors que le rock indé traverse une vraie crise et qu'il déborde de prétendants ayant leur avis sur la manière dont il doit sonner, un courageux groupe de San Diego vient taper dans la fourmilière, et foncer tête baissée dans le tas.
"C'mon", au même titre que le groupe, n'aurait pu être qu'une vaine tentative Garage Rock de plus mais dès la violence du premier break, on réalise qu'une tout autre rage habite le quatuor. Des relents post punk inondent le disque, on pense successivement à Wire ("Down On Loving") à Q and not U ("Pull Out") voir même à Gang Of Four. Le synthé rétro de "Move Along" permet de mettre le doigt sur une autre influence que le timbre de la voix nous indique depuis le début : il y a du Rolling Stones chez The Soft Pack !!!
Mais avant toute chose, ce premier album éponyme est porté par un single générationnel comme beaucoup groupe souhaiterait avoir le talent d'en écrire. Le bien nommé "Answer To Yourself" est aussi immédiat qu'un hymne power pop tout en étant implicitement marqué du sceau de Sonic Youth. Les guitares crient et la puissance de ce songwriting indé est indiscutable. Tout ici semble relever d'un mix entre spontanéité et hommage calculé.
Sur "More or Less", on pense au meilleur des Libertines et on se plie sous les multiples déclinaison de la jeunesse sonique auquel le groupe arrive à se livrer. Ce disque est vraiment porté par l'urgence ("Flammable"), et sur les dix titres qui composent l'opus, 5 ne dépassent pas les trois minutes. Ca joue vite, c'est incisif et ça évite tout remplissage. Même l'épisode de la balade est relevé.
Certes avec le recul The Soft Pack ne sera peut-être qu'un groupe de plus qui surnage difficilement dans un fleuve sans courant qui a déjà irrigué tout ce qu'il avait à irriguer. Encore une fois il est difficile de marquer les esprits à l'heure actuelle. J'aurais peut-être aimé que ce disque soit plus qu'une succession de titres bagarreurs. J'aurais peut-être aimé voir sa durée de vie s'envoler et ne pas avoir la sensation de connaître l'album par coeur au bout de seulement trois écoutes. Enfin, en ce début d'année où tous les disques "immédiats" m'insupportent, je suis content de pouvoir me rattacher à ce coup d'un soir, à cette baise violente qui n'aura pas de répercussion dans l'avenir et que je finirais probablement même par oublier.
The Soft Pack possède l'impétuosité des Artic Monkeys et la rigueur de The Ikara Colt. J'espère juste qu'ils connaîtront le sort des premiers plutôt que celui des seconds.
Les compilations m'ont toujours passablement ennuyé. J'aime les albums, pas les couper-coller. L'approche est néanmoins tout autre avec les compilations "découvertes de talents" comme le Fair. Là on a des choses à se mettre sous la dent, de la matière à disséquer, et des groupes à découvrir. Pourtant il faut bien avouer que, même là, on a souvent à faire soit à des titres qui ne sont que des plaisirs instantanés et qu'on croirait conçu pour l'exercice soit des titres brillants qui ne débouchent que sur une déception accrue à l'écoute du disque (faire un bon titre sur 12, pas mal de groupes en sont capables finalement). Enfin, on tourne autour du pot, l'important est que je n'aime pas les compilations.
Cependant, le volume 3 des compilations "Jeunes Pousses" de mes confrères de chez Goute Mes Disques pourrait bien être l'exception qui confirme la règle. Après un sympathique deuxième volume, on se retrouve aujourd'hui avec un disque cohérent qui fait preuve d'une vraie réflexion.
Au niveau des artistes sélectionnés, Goutes Mes Disques sort le grand jeu avec un quasi sans faute. Des élégants Baden Baden, au folk planant de Lena Deluxe, en passant par les déjà bien connus Fairgusson, il y a du grain à moudre !
Ajouter à cela une page très jolies avec plein de petits courts textes explicatifs, et vous saurez qu'il ne vous reste plus qu'à cliquer ici :)
C'est à la fois un événement et un non événement. Evénement parce que Josh Klinghoffer remplace John Frusciante au sein des Red Hot Chili Peppers, et que cette fois il semble en être bel et bien fini du line-up de l'âge d'or. Non événement parce que Josh Klinghoffer ne sort pas de nulle part vu qu'il a été second guitariste sur une partie de la tournée Stadium Arcadium. Au fond plutôt qu'un recrutement, il s'agit plus d'une promotion. Le directeur technique s'en va et c'est son N-1 qui le remplace.
Du haut de ses 30 ans, Josh Klinghoffer est un véritable touche à tout. Musicien de studio pour pas mal d'artistes (Beck, Pj Harvey?), il a officié sur le "Blowback" de Tricky et on imagine que c'est à cet époque qu'il a fait connaissance avec les Red Hot Chili Peppers.
Enfin Josh Klinghoffer joue également sur "The Empyrean" le dernier album solo de John Frusciante. Le moins que l'on puisse dire, c'est que tout cela reste dans la famille et que ça devrait être la continuité sans le changement.
Et puis dans tous les cas, on voyait mal Dave Navarro repointer le bout de son nez.
Le groupe a interprété pour al première fois dans sa nouvelle configuration une reprise de Neil Young, et c'est visible ci-dessous.
La programmation de l'édition 2010 des Printemps de Bourges vient d'être révélée sur le site officiel de l'événement. Peut-être un chouia moins pointue que les années précédentes, elle révèle cependant un éclectisme qualitatif qui sait se focaliser sur ses talents nationaux.
On y retrouvera ainsi quelques uns des artistes français que j'affectionne particulièrement comme l'electro-pop raffinée et enjouée d'Emilie Simon ou encore les petits nouveaux de Gush et leur foll rock bigaré.
A côté de ça, il y aura de la tête d'affiche internationale avec les toujours présents Iggy & The Stooges, le Brian Jonestone Massacre, les décevants mais toujours indispensable Midlake ou encore les math-rockeurs de Foals.
Le tout sera saupoudré d'un peu d'electro avec Vitalic, The Bloddy Beetroots et Mr Oizo.
Enfin on pourra toujours confirmer en live que JP Nataf n'est plus si touchant, que Arnaud Fleurent-Didier n'est que rarement à la hauteur de son talent, que Eiffel tourne en rond, et que Mathieu Chedid devrait définitivement se réinventer dans un autre personnage que celui de M.
Pendant 10 ans, Cypress Hill s'est mis en tête de réussir là où tout le monde avait jusqu'ici échoué : réussir à produire un mélange rap/rock de qualité. On ne parle pas ici de fusion (Rage Against The Machine s'en était déjà chargé) mais bien de hip hop porté par un vrai groupe qui frappe, de la double-pédale et du riff qui transpire. Autant dire que l'enchaînement "Skull & Bones", "Stoned Raiders" et "Till Death Do Us Part" aura été une succession inopinée de déceptions, le genre d'albums qui vous faisait presque regretter la BO de Spawn.
Heureusement Cypress Hill revient cette année avec un nouvel album : le bien nommé "Rise Up". Produit par le fidèle DJ Muggs, on y croisera également Pete Rock, Jake One, et Snoop Dogg.
La sortie est prévue pour le 5 avril et le premier extrait disponible ci-dessous laisse augurer de beats fumeux pour un album old-school :
De tous les webzines qui logent dans la musicosphère française, Mille-Feuille est sans nul doute le plus exigeant, le plus rigoureux et le plus défricheur. Sans m'engager pour les autres je peux à minima dire qu'il s'agit de celui qui je lis avec le plus d'assiduité.
Alors quand l'équipe rédactionnelle organise deux concerts gratuits au Disquaire (6 rue des Taillandiers, 75011 Paris), on ne se tâte pas. On fait confiance, et on se dit qu'au pire ce sera l'occasion de discuter avec certains de nos meilleurs prescripteurs.
Deux soirées sont au choix mais le mieux est donc de ne pas trancher :
La première, le 21 février 2010, à partir de 19 h, avec une thématique folk/rock Every Man has Your Voice (Folk-nostalgia-pop) Fuck Me baby (DIY-rock) Texas In Paris (Country-rock)
Le 15 février prochain, Ricard S.A. Live Music donnera le coup d'envoi de son grand concours « Lance Toi En Live » qui prendra cette année une nouvelle ampleur.
Comme c'est le cas depuis 3 ans, l'artiste ou le groupe élu jouera chaque soir sur scène devant des milliers de spectateurs durant la grande tournée nationale du Ricard S.A. Live Music qui aura lieu du 27 mai au 16 juin 2010.
Mais pour la première fois cette année, le gagnant aura le plaisir d'interpréter plusieurs titres de son répertoire, et ce n'est pas tout! Il remportera également un contrat de distribution numérique et bénéficiera d'une véritable campagne de soutien promotionnel et d'un accompagnement professionnel. Pour ce faire, Ricard S.A. Live Music s'appuiera sur l'expertise de Believe Digital, label digital numéro 1 en Europe, et sa nouvelle offre de distribution numérique pour tous : Zimbalam.
Parallèlement à cet important dispositif, Ricard S.A. Live Music proposera un focus sur le gagnant en home page du site Deezer avec lequel il s'associe. Deezer est le 1er site Internet de musique en France et totalise quelque 7 millions de visiteurs uniques par mois !
Le concours "Lance-toi en live" assurera donc cette année au gagnant toutes les clés de réussite pour un vrai « coup de boost » au démarrage de sa carrière !
Folk suédoise / 2010. Des fous rires complices, des rêves plein la tête, le talent pour mère, le manager pour père, l'insouciance de l'adolescence en ligne de mire, l'envie de croquer le monde à pleines dents et au final des chansons d'une tristesse pesantes, des sourires qui cachent un vague à l'âme trop précoce.
First Aid Kit est un duo suédois, deux s?urs, deux petites têtes d'ange qui en cumulé n'ont pas encore l'âge de connaître la crise de la quarantaine. Il y a de quoi se méfier au premier abord. On nous a peut être un peu trop déjà fait le coup du groupe familial composé de mineurs et mené d'une main de fer par une figure paternelle aimante. En général, ça finit au mieux devant les tribunaux, au pire dans les caniveaux, avec la sainte trinité drogue, alcool et suicide en prime. Mais bon il semblerait qu'on ait pour l'instant à faire à une véritable belle histoire suédoise avec Stockholm et la neige en toile de fond.
Ce qui frappe au premier abord chez First Aid Kit, c'est évidemment la maturité de l'ensemble. Il n'y a pas ici la moindre trace d'innocence juvénile. Dès "In The Morning", les jeunes filles usent d'une introduction a capella pour toiser son auditoire et mettre les choses au clair : elles ne concourent pas dans la catégorie jeunesse des meilleurs espoirs de la musique folk actuelle mais bien dans la catégorie phare. L'âge n'est pas un argument ou un artifice ici, c'est une anecdote. Sur "Ghost Town", les voix des deux s?urs sont amples, elles se mélangent, se dédoublent et créent la profondeur. L'osmose est indéniable et les invitations à l'introspection se succèdent ("Josefin" et "A Window Opens").
Dommage que la principale force de First Aid Kit soit aussi son premier défaut. Trop consciente de leurs talents vocaux, les jeunes filles ont tendance à laisser "Big Black & the Blue" reposer dessus. Cela crée ainsi parfois une certaine lassitude et un manque de surprise et de complexité mélodique. C'est effectivement, lorsque le son s'étoffe, comme sur l'entraînant "Sailor Song", que les filles ont le plus l'occasion de sortir de leur carcan, de casser leur image et de conférer une ambition supplémentaire à l'opus.
Méprisant pourtant avec une certaine véhémence, les formules toutes faîtes comme "La valeur n'attend pas le nombre des années", je dois bien avouer que ce duo possède une aura qui l'emmène à mille lieux de la légèreté de ses congénères générationnelles. Je ne sais pas ce qu'il y a derrière, s'il s'agit d'un père marionnettiste ou tout bonnement de sorcellerie, mais il faut bien réaliser que ces gamines écrivent des chansons à l'âge où je croyais encore que j'écouterai du néo-métal toute ma vie.
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Les articles du Ricard SA Live Music Blog sont écrits par Benjamin Fogel, 28 ans, le rédacteur en chef de Playlist Society, blog de critiques et chroniques culturelles en tout genre.