Chronique de Rust & Gold, le nouveau Isaac Delusion

Chronique

Tête d’affiche de notre Fête de la Musique 2015 sur la Place Denfert Rochereau, Isaac Delusion sort enfin son très attendu second album.

On vous en parlait à l’occasion de l’annonce de son concert à L’Élysée Montmartre : Isaac Delusion est de retour, trois ans après son premier album, avec un nouveau disque : Rust & Gold.

Auparavant, la musique du quatuor parisien misait tout sur la chaleur. Il s’agissait d’attirer l’auditeur vers un ailleurs où il se sentirait bien, au travers de morceaux electro-pop charmants. Il y avait au sein de leurs chansons une énergie subtile qui nous proposait de danser des heures durant, mais sans jamais sortir de notre zone de confort. Avec Rust & Gold, le groupe tente le pari suivant : conserver ses atouts – son côté réconfortant et ses mélodies enthousiasmantes – tout en décontenançant son public.

Dès « Isabella », Isaac Delusion affirme qu’il en a fini avec les chansons qui caressent dans le sens du poil. Ça vibre et ça bouge. Si un titre du nouvel album s’appelle « Voyager » et que la dream-pop n’est jamais loin, il s’agit néanmoins de dépasser l’idée du dépaysement et de bousculer les habitudes. Du duo basse-batterie hyper bien senti de « Black Widow », qui donne un côté bigger than life à l’ensemble, aux ballades soul à la fois touchantes et sexy comme « The Sinner », tout se veut plus excitant.

Photo de Rod lors de la fête de la musique 2015

Si le groupe continue de capitaliser sur un chant en anglais haut perché, il réalise une incursion particulièrement bien vue dans la langue française avec « Cajun », un titre surprenant, qui trouve parfaitement sa place sur Rust & Gold, tout en créant des ponts avec la scène portée par les compilations de la Souterraine. Voilà la force de ce nouveau disque : être souvent étonnant tout en restant très cohérent.

« Distance » illustre bien le côté aventureux : rythme à rebours et chant aérien pour une soul de l’an 3000. Le son se densifie peu à peu et embarque l’auditeur.

Ce qui n’empêche pas le groupe de voyager aisément dans le temps, tant « Bittersweet Fruit », via le grain du son, semble être joué sur une vielle platine vinyle. Ici se joue un autre aspect palpitant de ce disque : l’impression d’écouter simultanément un joyau à la production clinquante et une petite perle lofi.

Rust & Gold est ainsi un album qui ronronne et qui groove dans un même mouvement. Isaac Delusion a définitivement su prendre les bonnes décisions.

Visible ci-dessous, le très bon clip, réalisé par Nadia Lee Cohen pour la chanson « Isabella », qui aborde la question du corps féminin dans nos sociétés modernes.

Le groupe est en concert un peu partout en France :

  • 14.04 — Le Fil, Saint Étienne
  • 25.04 — Élysée Montmartre, Paris
  • 26.04 — Élysée Montmartre, Paris (déjà complet)
  • 04.05 — La Soufflerie (Le Barakason), Rezé
  • 11.05 — Les Nuits Botanique, Bruxelles
  • 19.05 — Hors Bord, Bordeaux
  • 03-04.06 — Imaginarium Festival, Margny-Compiègne
  • 08.06 — L’Edition Festival, Marseille
  • Juin — Solidays, Paris
À propos de l'auteur :
Benjamin

Cofondateur de Playlist Society (revue culturelle et maison d’édition), Benjamin est le responsable éditorial de Ricard S.A. Live Music depuis 2008. En 2015, il a publié « Le renoncement de Howard Devoto », une bio-fiction, à la gloire du fondateur des Buzzcocks et de Magazine, qui retrace la genèse du mouvement punk en Angleterre.

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