Nos coups de coeur pour Solidays 2017

Festival

Toujours habitée par la nécessité d’éveiller les consciences, Solidarité Sida revient avec une nouvelle édition de Solidays à la programmation particulièrement alléchante. Tour d’horizon en quatre concerts à ne pas louper.

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THE STRYPES


Quand on lit le nom de The Strypes, jeune quatuor irlandais qui fait sensation, on s’imagine se retrouver face à mélange entre The Strokes et les White Stripes. Mais la réalité est plus complexe et on est loin d’avoir affaire à un énième groupe en « The ». Malgré un deuxième album assez formaté (Little Victories), The Strypes revient en juin 2017 avec un nouveau disque Spitting Image qui va rebattre les cartes.

Connaissant ses classiques sur le bout des doigts, The Strypes propose un rock’n’roll biberonné à Chuck Berry, Muddy Waters, Howlin’ Wolf – soit quelque chose de pas si courant de nos jours. Mieux encore, il insère au sein de celui-ci une énergie punk rappelant la rugosité de Rancid (on se croirait presque face à un groupe de Oi! par moment) ainsi que des mélodies enthousiasmantes dans la lignée d’Artic Monkeys pour lesquels ils ont souvent ouvert.

À la fois totalement old school et totalement moderne, The Strypes est le groupe à aller voir en priorité aux Solidays.


SOULWAX


Le temps passant, on en avait presque oublié l’existence de Soulwax, le groupe des frères David et Stephen Dewaele aka 2 Many DJ’s. Il faut dire que cela faisait quasiment 13 ans et l’album Any Minute Now qu’ils n’avaient pas publié de véritable album. Mais dès l’année dernière et la parution de la bande originale du film Belgica de leur comparse Felix Van Groeningen, on se doutait que la fratrie préparait quelque chose de gros.

Tout cela vient de se confirmer avec la publication de From Deewee, leur excellent nouveau disque que l’on attendait plus. Dégorgeant de tubes electro rock, Soulwax s’y impose comme une version festive de Nine Inch Nails. De « Do you want to get in trouble ? » à « My Tired Eyes », on ne cesse d’être surpris par leurs partis pris mélodiques et par cette mélancolie pleine d’enthousiasme, à la hauteur des meilleures chansons de Depeche Mode.


OCTAVE NOIRE


Complètement inattendu au sein de cette programmation, la musique aussi sombre que kitsh d’Octave Noire pourrait être l’un des grands moments du festival. Avec ses compositions électroniques de l’espace sur lesquelles il déclame de très jolis textes maniérés, qui peuvent toucher comme du Dominique A ou prêter à sourire comme chez Indochine, Octave Noire surprend et impose un univers, toujours plus troublant à chaque écoute.

Il faut imaginer la rencontre entre Bertand Belin et Sébastien Tellier, le tout sans filtre, poussant même le vice à rappeler l’indispensable Histoire De Melody Nelson de Serge Gainsbourg sur des titres comme « La sainte nuit ».


BROKEN BACK


On termine cette sélection avec l’electro-folk ultra efficace de Broken Back, derrière laquelle se cache Jérôme Fagnet, breton de 26 ans. En un seul album et une sélection par le Fair en 2016, il s’est imposé comme un artiste très complet, à la fois passe-partout et bourré d’idées. On ne sait jamais quand ses chansons vont se transformer en ballades bucoliques ou partir en ritournelles electro quasi-house. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il aura été difficile ces derniers mois d’échapper à son « Happiest Man on Earth ». Un beau succès à la française.

À propos de l'auteur :
Benjamin

Cofondateur de Playlist Society (revue culturelle et maison d’édition), Benjamin est le responsable éditorial de Ricard S.A. Live Music depuis 2008. En 2015, il a publié « Le renoncement de Howard Devoto », une bio-fiction, à la gloire du fondateur des Buzzcocks et de Magazine, qui retrace la genèse du mouvement punk en Angleterre.

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